Souriez, vous êtes plus pauvre et le serez probablement encore plus!
C'est le message que vous lancez à vos représentants syndicaux et au gouvernement en vous désintéressant de la bataille que s'apprêtent à livrer les syndicats pour cesser d'être plus pauvre, d'une année à l'autre. Depuis 1972, jamais les organisations syndicales n'ont été aussi bien préparées à faire face au gouvernement; pourtant les membres persistent à croire qu'ils peuvent faire des gains dans le confort de leur résidence.Le Québec à connu cinq années de prospérité au cours des huit dernières. Malgré cette croissance, les salaires n'ont pas augmenté au même rythme que l'inflation. Le gouvernement a vu ses revenus augmenter par la hausse du PIB, par la hausse des tarifs d'électricité, d'immatriculation, des frais scolaires, par les taxes perçues sur l'essence et dans l'alimentation etc. Et vous, n'avez reçu que des miettes.
Plutôt que de respecter ceux et celles qui offrent des services en leur offrant une augmentation salariale suffisante pour ne pas s'appauvrir, les gouvernements ont préféré jouer de stratégie en investissant dans les infrastructures. Les enseignants, le personnel des hôpitaux et autres fonctionnaires n'ont pas la cote. Les investissements dans le béton et l'asphalte rendent les prises de vue plus éclatantes et les conférences de presse plus divertissantes!
Le constat n'est pas très encourageant et c'est évidemment la faute des syndicats; ils ont respecté la loi des services essentiels, ils ont manifesté pacifiquement. C'est aussi leur faute si le gouvernement à décrété les hausses de salaires, la mise en place des catégories, l'élimination et la création de nouveaux titres d'emplois etc. Les syndicats qui ont échoué dans leur mission n'ont qu'à assumer l'échec des négociations et à n'en vouloir qu'à eux-mêmes.
Pour faire payer les syndicats, il faut bouder les assemblées générales et se répéter que l'on en a tous fait assez dans le passé. Se faisant, il est possible de faire une pierre deux coups; c'est le repos du guerrier qui permet à chacun de se réfugier devant son téléviseur et contempler les échecs des autres en se disant qu'ils auraient pu faire mieux. Il est préférable de renouer avec ses loisirs, de veiller paisiblement à ses occupations et cesser d'espérer, c'est ca le repos éternel.
En guise de remerciement pour ses politiques, le gouvernement Charest à été réélu de façon majoritaire; il poursuit son travail de dénigrement au près des salariés de l'état et ce, au grand plaisir de la population et des entreprises privées. Pendant ce temps, les syndicats s'affèrent à mobiliser ce que l'on pouvait qualifier de troupes; désormais, il s'agit plutôt d'un rassemblement posthume. Félicitations et bon courage à tous!
Le mandat