Menace de privatisation pour les buanderies des CHSLD
Le conseil d'administration du CSSS Chicoutimi a récemment confié le contrat de lavage des vêtements de deux CHSLD (Delage, Mgr Victor) et du département D5- D-7 à l'entreprise privée Mil-Métiers.Cette décision a été prise sans l'accord du syndicat, qui suggère plutôt de confier cette tâche aux employés du système public déjà en place.
L'affaire fait suite à un jugement de la Cour d'appel en août 2007, qui avait donné raison à Michel Cantin, pèd'un usager du centre Christ-Roi. Dans un recours collectif datant de 1996, il dénonçait notamment le fait que des CHSLD chargent des frais pour le lavage des vêtements, alors que ces établissements ont déjà des subventions pour couvrir ces dépenses. Suite à ce verdict, le CSSS Chicoutimi a dû apporter des correctifs aux deux centres d'hébergements ainsi qu'aux départements D5 et D7 n'assurant pas le lavage des vêtements des usagers.
Après être allée en soumission, la direction a accordé le contrat à Mil-Métiers, un organisme sans but lucratif (OSBL) favorisant la réintégration dans la société pour les patients de l'institut Roland Saucier.
Le syndicat a cherché à savoir pourquoi la direction n'a pas choisi de faire laver les vêtements des usagers par les employés du CSSS Chicoutimi qui s'occupent déjà du lavage dans les autres centres.
La direction a soutenu qu'il serait plus dispendieux de faire le lavage à l'interne plutôt que de mandater Mil-Métiers. Cet argument n'avait aucun sens pour les membres du syndicat, qui ont demandé à voir les chiffres justifiant ce choix ; la direction n'avait malheureusement aucune preuve à nous fournir justifiant cette décision.
Le lavage de ces vêtements ne menace aucun emploi à court terme pour le CSSS Chicoutimi. Il se pourrait toutefois que certains emplois actuels soient éventuellement supprimés si le virage vers la privatisation se poursuivait dans les buanderies.
Le syndicat soupçonne donc que des intentions inavouées se cachent derrière l'attribution de ce contrat à une entreprise privée. Après analyse, le syndicat a déposé au conseil d'administration un document indiquant que 70 000$ seraient épargnés en faisant laver les vêtements par le système public déjà en place.
Ce rapport de la firme MCE Conseil indique entre autres qu'une simple réorganisation des tâches entre les employés et un nouvel itinéraire pour les camions récolteurs seraient les deux principaux volets à modifier pour laver les vêtements des CHSLD Delage et Mgr Victor avec ceux des autres établissements.
Le conseil d'administration a rejeté de manière cavalière ce document en répétant qu'il faut tourner la page puisque le contrat est déjà accordé. La direction considère qu'il est rentable pour le CSSS Chicoutimi de confier sa lessive à un OSBL.
L'exécutif syndical tient à souligner qu'il ne veut en aucun cas porter préjudice à l'organisme Mil-Métiers, qui œuvre dans notre société pour une bonne cause. Par contre, la main-d'œuvre n'est pas qualifiée pour ce genre de travaux et le personnel est constamment en changement au gré de la réintégration des patients en société. De plus, la qualité du service serait loin d'être assurée selon les consultations faites par l'exécutif.
Le syndicat dénonce surtout l'attitude de la direction dans cette problématique. Le tout survient au moment même où le CSSS Chicoutimi veut déposer un projet pour obtenir une subvention gouvernementale de 400 000$, destinée à une réorganisation du travail en CHSLD.
Une lueur d'espoir
Après plusieurs semaines sans nouvelle dans le dossier de l'octroi du lavage des vêtements en soins de longue durée, voilà que l'employeur ouvre la porte à une négociation. Lors d'une rencontre ayant eu lieu à la fin du mois de novembre, la direction a fait part au syndicat son intention de régler le litige et son ouverture à négocier une entente pouvant être satisfaisante à long terme. Le syndicat entend explorer les possibilités d'un règlement tout en continuant les démarches devant les tribunaux et dans les médias si nécessaire.
L'ouverture récente ne change donc rien à la stratégie, mais elle permet de croire qu'un règlement demeure possible. Le syndicat entend consulter ses membres en assemblée générale pour faire approuver un éventuel règlement.
Le mandat